
A priori, il peut sembler surprenant de parler d’athlète pour qualifier un tireur de haut niveau.
Pourtant, si l’on se refère à certains partipants aux disciplines olympiques de tir, ce terme d’athlète trouve toute sa justification.
On peut citer par exemple, lors des derniers Jeux Olympiques d’Athènes, le cas des italiens Andrea BENELLI (médaille d’or au skeet à 44ans) et Giovanni PELLIELO (médaille d’argent à la fosse olympique) qui ne cachent pas l’importance pour eux d’un véritable programme de préparation physique, régulière et encadrée, pour accomplir ce type de performances.
En france, nul doute que le prestigieux palmarès de Michel CARREGA illustre parfaitement la complémentarité souhaitable entre le tir de haut niveau et la pratique d’activités physiques et sportives.
Justification de l’activité physique
Les tireurs de ball-trap n’ont pas en général la réputation d’être des sportifs accomplis, encore moins des athlètes, et il est vrai que nombre d’entre eux réalisent des performances en l’absence de tout programme d’entrainement physique.
Cependant, on sait depuis longtemps que la condition physique et la force musculaire jouent un rôle essentiel dans les aspects physiques et psychologiques de tous les sports, et il faut admettre qu’il en est ainsi pour ce qui concerne le ball-trap.
Ce sport requiert une aisance et une rapidité de mouvement, qui ne peuvent être obtenues sans un positionnement le plus efficace possible, biomécaniquement, de l’ensemble des muscles et des articulations sollicités.
Le tireur effectue de nombreux gestes répétitifs de soulèvement, épaulement, déplacement et abaissement de son arme, dont le poids est levé et mobilisé des centaines de fois. Le recul imposé par le tir au niveau de l’épaule et du cou fatigue les groupes musculaires sur lesquels il s’exerce, et qui doivent absorber cette énergie.
La longueur de certaines compétitions, parfois prolongées par des épreuves de barrages, provoque une fatigue musculaire générale non négligeable, bien que variable selon les diciplines pratiquées.
Devant toutes ces contraintes, on doit donc reconnaître que l’entrainement sportif et la recherche d’une bonne condition physique peuvent bien sur apporter un bénéfice évident au niveau des performances de tir.
Bienfaits principaux de l’activité physique
En dehors des effets favorables sur l’état de santé en général, l’exercice physiquepeut procurer trois types de bénéficesdans la pratique du ball trap :
Améliorer la tenue de l’arme et le mouvement de "swing"
L’entretien musculaire général augmente la capacité à maintenir fermement le poids du fusil, et à le déplacer de façon souple et fluide, mais si besoin agressive, vers la cible mobile. Il apporte une position d’attente plus détendue, mais aussi un temps de réaction plus rapide.
Aide à mieux résister à la fatigue en acquérant de l’endurance.
La pratique de sports d’endurance (avec un effort aérobie)comme la course, le jogging, la natation ou le vélo, améliore l’efficacité du système cardio-vasculaire et respiratoire.
Cela permet d’être moins perturbé par la fatigue générale engendrée par les longues compétitions, ou même par les séances d’entrainement au tir, beaucoup plus productives lorsqu’elles sont moins éprouvantes physiquement.
Développer mentalement une attitude et une psychologie positives.
Le tireur qui investit du temps et de l’energie dans une préparation physique complémentaire, tout cela avec des objectifs précis, se sent obligatoirement mieux disposé et plus confiant en lui.
Ce climat psychologique favorable, mérité grâce aux efforts consentis, lui renvoie une meilleure image de lui-même, indispensable à l’acquisition d’un mental de gagnant.
D’autres effets positifs intéressants sont à attendre de la pratique d’une activité physique régulière :
aider à maintenir son poids idéal
renforver les muscles et donner davantage d’énergie
développer la faculté de relaxation
combattre l’anxiété et mieux gérer le stress
améliorer la qualité du sommeil
Modalités de cette activité
L’entrainement physique et sportif doit être envisagé comme une activité parallèle, complémentaire, susceptible de procurer des avantages significatifs moyennant un investissement modéré en temps.
Cette activité ne doit en aucun cas remplacer partiellement la pratique du tir, ni empiéter sur le programme dévolu aux entraînements de tir, et on peut privilégier les inter-saisons sportives pour y consacrer davantage de temps.
Les meilleurs résultats sont obtenus au prix d’un entrainement physique régulier, car l’absence d’exercice provoque la fonte musculaire, et il faut savoir que l’endurance se perd trois fois plus vite qu’elle ne se gagne.
Il faut cependant éviter toute fatigue sportive trop rapprochée d’une compétition importante.
Un programme d’entraînement physique doit être varié pour éviter la lassitude et la saturation, et il peut bien sûr alterner des exercices purement musculaires (travail avec des poids et haltères) et des exercices d’endurance (course à pied par exemple).
La montée en puissance doit rester très progressive (modifiant la durée de l’effort, la longueur de la course, la répétition des mouvements, l’augmentation des poids soulevés), mais elle est indispensable à l’obtention de résultats répondants aux objectifs fixés.
Les types de sports permettzant d’améliorer la respiration et la fonction cardio-vasculaire sont bien connus : marche, jogging, natation, vélo.
Les exercices recommandés pour acquérir davantage de force et d’endurance musculaire, ainsi qu’une résistance accrue des os, tendons et ligaments, sont plus spécifiques.
Dans la pratique du ball-trap, les tireurs n’utilisent qu’une part minoritaire de leur force pour se déplacer, marcher et se tenir debout.
La force musculaire est surtout utilisée pour manipuler, soulever et balancer le fusil, et également pour s’opposer et résister au recul. Un programme complet de mise en forme utilise idéalement la totalité des muscles de l’organisme, mais on peut se contenter ici de chercher à développer les muscles les plus sollicités, qui sont d’ailleurs beaucoup plus nombreux dans la ball-trap que dans le tir à la cible ou même le tir à l’arc.
Il serait trop long et trop complexe de décrire les mouvements d’entrainement recommandés pour chaque muscle, mais il est intéressant de connaître les principaux muscles mis en jeu, et qui devraient être privilégiés dans un programme spécifique, si possible encadré par un moniteur compétent :
Les muscles du cou (avant et arrière) : positionnent et maintiennent la tête en avant et contre la crosse.
Les trapèzes : assistent les épaules dans la montée du fusil.
Les deltoïdes : soulèvent et mantiennent l’arme à une certaine hauteur (position d’attente).
Les triceps : étendent les bras lors de la montée de l’arme.
Les biceps : fléchissent les avant-bras et retiennent l’arme contre l’épaule.
Les fléchisseurs et extenseurs des poignets : supportent le poids du fusil et assurent la préhension de la crosse.
Les pectoraux : subissent une partie du recul (talon de la crosse).
Les dorsaux : descendent l’arme après le tir.
Les abdominaux : maintiennent le tronc en position de tir (penché en avant).
Les muscles lombaires : stabilisent et vérouillent le dos et lacharnière lombo-sacrée.
les quadriceps : supportent le poids du corps (tonus musculaire des cuisses), surtout lors du tir avec les genoux fléchis.
Conclusion
La recherche d’une condition physique optimale, par la pratique d’un entraînement sportif et musculaire régulier, est certainement importante pour un tireur de haut niveau qui veut atteindre son potentiel maximal.
Si la resistance physique peut devenir un atout primordial pour le tireur en quête de performances individuelles, la force globale d’une équipe aspirant à un résultat collectif dépend aussi bien sur de la force de chacun de ses éléments.
L’expérience des competitions étalées sur plusieurs jours, avec le stress engendré, la fatigue du déplacement et les aléas climatiques, démontre bien que certains tireurs éprouvent parfois une baisse de forme physique assez subite, un "passage à vide" transitoire, qui compromet souvent tout espoir de performance finale.
Beaucoup de grands champions sont naturellement doués et consacrent un temps suffisant à l’entrainement au tir, mais la différence au plus haut niveau peut se faire sur d’autre facteurs annexes et l’entretien d’une bonne forme physique et musculaire n’est qu’un de ces facteurs, parmi d’autres comme l’hygiène de vie générale, l’équilibre alimentaire, le souci d’un repos et d’un sommeil suffisants, et la préparation psychologique.
Tout cet ensemble contribue au succès et à la réussite, mais il est bien evidemment difficile de chiffrer la seule part imputable à la force musculaire et à l’endurance physique.
Selon un coach américain bien connu (T. Migdalski), elle ne serait peut-être que de 5%, ce qui parait bien mince, mais sûrement pas négligeable : en effet, quel grand champion peut s’offrir le luxe d’accepter d’avance de rater 5% des plateau qu’il tire ?
de boissons (alcool, calé, thé).
de médicaments (laxatifs, diurétiques, antibiotiques).
de moyens de préparation alimentaire (friture, cuisson exagérée, mise en conserve)
de facteurs d’environnement (stress, convalescence, manque de sommeil, fièvre, manque ou au contraire excès d’exercice physique)
Le lait ne désaltère pas, mais peut neutraliser en partie l’acidité gastrique.
Les sodas et autres boissons sucrées sont souvent trop riches en sucres rapides, donc à éviter sauf en petite quantité, et si possible sans sucre et sans caféine.
Le café paraît tentant, mais l’excès de caféine (pouvant positiver les contrôles antidopage) risque de majorer l’anxiété et la nervosité, de provoquer des maux de tête et des insomnies, d’augmenter la sensation de faim et l’acidité gastrique, et de favoriser la déshydratation (effet diurétique)
Les " boissons énergétiques " spécialement conçues pour les sportifs, souvent enrichies en caféine, vitamines et minéraux, mais surtout riches en sucres rapides, sont à déconseiller (certaines étant d’ailleurs interdites en compétition)
Quant à l’alcool, en dehors d’une petite quantité éventuellement consommée lors du dîner, il ne saurait être recommandé à un sportif en quête de performances et de résultats.
Avant tout, il peut s’agir d’une mauvaise adaptation de l’arme utilisée.La crosse peut être trop longue, ou dotée d’un espace trop important entre la queue de détente et la face antérieure de la poignée pistolet.
En premier lieu, il peut s’agir d’une peur ou d’une appréhension, surtout chez les débutants : crainte de l’arme, peur du recul, de la détonation et du bruit, méfiance vis-à-vis de la puissance d’une cartouche. Le subconscient du tireur refuse simplement de laisser le corps subir une nouvelle agression physique, ce qui se traduit par le coup de doigt.
Il peut aussi s’agir d’une anxiété importante, en rapport avec des soucis personnels, ou générée par un enjeu comme c’est le cas en compétition, et il est clair que certains tireurs n’ont jamais ou rarement de coups de doigt lors de l’entraînement. Le désir de vouloir trop bien faire et la peur de rater (par exemple un plateau difficile ou très technique) ont souvent un effet pervers, en imposant inconsciemment au cerveau de vérifier et de parfaire encore l’alignement de l’arme alors que c’est le moment de tirer.
L’efficacité et la qualité de la protection auditive utilisée, pour ne pas appréhender la détonation.
L’intensité du recul, à maîtriser au mieux grâce au choix de cartouches appropriées, à l’installation d’un dispositif anti-recul sur la crosse, ou encore à l’adoption d’un fusil automatique à emprunt de gaz.
La mise en conformité et l’adaptation du fusil, aussi parfaite que possible, surtout pour la pente et la longueur de crosse.
La forme et le volume de la poignée pistolet, devant procurer un " grip " facile et sans tension musculaire sur la main et le poignet.
La position de la détente, et sa possibilité éventuelle de réglage permettant au tireur de choisir une technique constante de pression, soit avec l’extrémité de l’index (pulpe de la dernière phalange), soit avec le pli de flexion inter-phalangien.
Le poids des départs, avec une valeur idéale se situant aux environs de 2 kg, parfois un peu plus lourd pour le deuxième coup, en évitant tout ce qui est inférieur à 1,5 kg.
Rechercher un repos et un sommeil de qualité, avant toute compétition, car la fatigue est une grande pourvoyeuse de coups de doigt.
Éviter toute fatigue visuelle inutile, telle que celle provoquée par le soleil ou les atmosphères enfumées.
Bien placer ses yeux et bien se préparer avant la demande du plateau, un coup de doigt résultant parfois d’une vision trop tardive de la cible.
Se relaxer dans la mesure du possible entre chaque plateau (fosse) ou entre chaque poste (parcours), en s’aidant d’une respiration profonde et lente pour oxygéner au mieux le cerveau.
Limiter la consommation de boissons alcoolisées ou d’excitants (café, vitamine C) qui perturbent la coordination psychomotrice.
Une bonne préparation mentale doit permettre de développer une attitude positive de gagnant et un regain de confiance en soi, car la peur de rater peut déclencher un coup de doigt, puis, la crainte d’un nouveau coup de doigt majore alors l’anxiété, favorisant par un cercle vicieux de nouveaux coups de doigt conduisant à l’échec.
L’effort de concentration doit être à son maximum en ne pensant qu’au plateau que l’on s’apprête à tirer (et pas aux plateaux touchés ou ratés précédemment).
La focalisation visuelle sur la cible doit rester intense, afin d’optimiser la coordination entre le cerveau et le reste du corps, pour que l’ordre de tirer ne soit transmis qu’au moment où une parfaite synergie est obtenue entre le mouvement du tireur (et de son arme) et la position du plateau.Définition et compréhension du recul
Selon une loi de physique, il est admis que toute force possède une force contraire, de réaction dont l’intensité est équivalente. Lors du départ d’une cartouche, la force théorique qui fait reculer le fusil contre l’épaule du tireur est équivalente à celle qui propulse la charge de plomb à l’extérieur des canons, en pratique, une grande partie de cette énergie est heureusement absorbée par le poids de l’arme, très nettement supérieur à la charge de la cartouche, ce qui ralentit l’accélération de la crosse vers l’arrière. Sinon, si le fusil avait le même poids que la charge de plomb, il reculerait contre l’épaule à la même vitesse que celle de la cartouche. Il existe une formule assez complexe pour calculer l’énergie produite par le recul, en fonction du poids de l’arme, du poids et de la vitesse de la charge de plomb, du poids de la charge de poudre et de la vitesse des gaz à la bouche du canon.
On comprend que le recul sera d’autant plus conséquent que la vitesse de la cartouche sera grande, et que la charge de plomb ou de poudre sera importante (facteurs souvent corrélés). Inversement, ce recul sera d’autant plus réduit que le poids de l’arme sera élevé. Mais les choses ne sont pas si simples et nous verrons plus loin que d’autres particularités, inhérentes à l’arme utilisée, pourront avoir une influence sur l’intensité énergétique du recul. Pour donner une idée imagée de la brutalité du choc provoqué par le recul, on a pu le comparer (par des mesures précises) avec le choc que produirait un poids de 500 grammes tombant d’une hauteur de 75 mètres directement sur l’épaule d’un individu couché à terre sur le dos.
Les dommages physiques provoqués par le recul
Quand on a bien réalisé l’importance de l’énergie produite par le recul en direction du tireur, avec l’épaule pour cible directe, on imagine aisément que cela puisse provoquer des lésions plus ou moins sérieuses, à l’instar d’autres sports comme la boxe, les arts martiaux ou le rugby, où les traumatismes de l’épaule sont habituels. Nous allons voir comment apparaissent ces lésions et quels sont leurs types.
Les circonstances de survenue :
Certains problèmes peuvent survenir occasionnellement, souvent en raison d’une faute technique comme un mauvais positionnement de la crosse (trop haute ou trop basse, trop à l’intérieur ou trop à l’extérieur), un défaut de tenue ou de maîtrise de l’arme favorisant le glissement du talon de la crosse entre les deux coups.
Parfois, c’est la conséquence d’un problème de matériel, comme l’utilisation d’un fusil mal adapté (ou emprunté par exemple), le port d’un gilet ou d’un vêtement faisant des plis et gênant la mise en place optimale de la crosse, ou encore l’absence de vêlement sous le gilet
Plus rarement, il s’agit d’une mauvaise planification de la saison, avec renforcement brutal de la cadence d’entraînement ou accumulation de compétitions rapprochées.
D’autres problèmes, les plus sérieux et les plus gênants à moyen et long terme, sont le fait d’une pratique intensive du ball-trap et concernent donc des tireurs confirmés, voire de haut niveau, ayant en principe une parfaite maîtrise de la technique et du matériel, mais qui « brûlent » des dizaines de milliers de cartouches en quelques années.
Ici c’est la répétition des traumatismes ou de micro-traumatismes provoqués par le recul contre les mêmes structures du corps (épaule, thorax, tête et cou) qui peut induire à la longue des lésions à tendance chronique, compromettant alors la poursuite de la pratique du tir dans de bonnes conditions de confort et de plaisir.
Les différents types de lésions :
1) Les lésions bénignes, occasionnelles, sont variées et on peut rencontrer :
Une simple abrasion cutanée, ou un petit hématome (ecchymose) au niveau de la face antérieure de l’épaule, de la joue (pommette) ou de la mâchoire.
Une plaie du majeur provoquée par le contact brutal du pontet de l’arme contre ce doigt. Un traumatisme du nez occasionné par le choc contre la base du pouce (cas d’une crosse trop courte).
Un hématome plus important, qui peut se produire au niveau de la face externe de l’épaule (muscle deltoïde) ou au niveau du thorax (muscle pectoral ou sein chez une femme).
Un tableau de tendinite aiguë du biceps (dont le tendon se trouve directement dans la zone d’appui du talon de la crosse), qui sera difficile à traiter sans une interruption momentanée du tir pendant plusieurs semaines.
Une contusion ou une subluxation de l’articulation acromio-claviculaire, à la partie supérieure de l’épaule, en fait plus rare. Des céphalées (maux de tête) plus ou moins importantes, faisant suite aux résonances sonores et mécaniques (fusils automatiques), aux secousses et vibrations imposées à la tête (et au cerveau) lors d’une séance de tir éprouvante.
L’aspect parfois fatigué et « assommé » de certains tireurs à la fin d’une compétition, surtout par temps chaud, rappelle à certains égards le faciès abattu des boxeurs à la fin d’un match difficile.
2) Les lésions plus sérieuses, d’installation progressive et devenant chroniques, intéressent l’épaule et le bras, le cou (colonne cervicale), et parfois l’avant-bras.
Au niveau de l’épaule :
La répétition des chocs directs peut favoriser l’installation d’une tendinite chronique du long biceps ou parfois d’une tendinite de la coiffe des rotateurs (muscles servant à élever le bras latéralement et à le propulser en avant ou en arrière)
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Epaule |
(La prévention et publiée dans l’article suivant)
Divers dispositifs existent, du simple et classique sabot anti-recul en caoutchouc (alvéolé ou non), jusqu’à l’apparition récente de matériaux nouveaux aux propriétés absorbantes très supérieures connue le sorbothane ou le gel de silicone.
Le choix systématique d’une cartouche rapide ou très rapide, ou d’une cartouche fortement chargée, ou pire encore d’une cartouche ayant ces deux caractéristiques, sera le plus sûr garant d’un recul violent et nocif pour le tireur.
changement de comportement visant à limiter les coups inutiles, en perdant l’habitude de tirer systématiquement ou presque les morceaux de plateaux déjà touchés, ce qui amène certains tireurs pourtant doués à tirer plus de 300 cartouches sur une compétition en 200 plateaux.
L’accommodation : capacité de focaliser sa vue clairement à différentes distances.
L’acuité : capacité de discerner la cible, de la localiser rapidement dans la périphérie du champ visuel, et de concentrer sa vue sur cette cible mobile.
La convergence : faculté de percevoir une seule image alors que les deux yeux fixent la cible en même temps. La perception de la profondeur et du relief : qualité permettant de percevoir les objets en trois dimensions et de mieux apprécier leur éloignement.
La vitesse de reconnaissance : rapidité avec laquelle les yeux identifient la cible dans son environnement.
Des l’apparition du plateau, tous ces mécanismes, plus ou moins efficaces selon les individus, se mettent en œuvre.
la perception du contraste,
la vision périphérique,
l’appréciation du relief
Un sommeil d’une durée suffisante pour reposer les yeux.
Un environnement d’air sain, sans fumée de cigarettes, pour éviter l’irritation des globes oculaires.
Un temps de repos avant le tir si l’on a fait un long trajet en voiture (nécessitant une attention visuelle soutenue) pour se rendre à une compétition.
D’être soumis peu avant une compétition à des heures de lecture, devant un livre ou un écran d’ordinateur, focalisant les yeux sur des petits caractères.
De passer inutilement de longs moments, en attendant son tour, à regarder les innombrables plateaux tirés par les autres compétiteurs, surtout par temps ensoleillé.
D’abuser de boissons alcoolisées, dont les effets négatifs sont biens connus pour perturber l’évaluation des distances, la vision périphérique et l’adaptation aux variations de luminosité.L’homme consomme des boissons alcoolisées depuis des milliers d’années, et l’usage de l’alcool est devenu un véritable problème de société pour la majorité des pays où il est disponible légalement. On considère qu’aujourd’hui l’alcool est la substance psycho active la plus utilisée dans le monde en général, et en France en particulier.
Quatre phénomènes caractérisent les effets de l’alcool sur le psychisme :
• L’appétence, qui est le désir de consommation.
• La répétition et le renforcement de la consommation.
• La tolérance, liée à l’adaptation de l’organisme.
• La dépendance, avec le problème du sevrage lors de l’arrêt du produit.
L’alcool peut donc être classé parmi les drogues, et sa consommation régulière et abusive peut être assimilée à une toxicomanie.
Pourtant, il n’est pas répertorié dans la liste des substances et méthodes interdites par les instances dirigeantes du sport international.
Mais en France, les textes ministériels prévoient la possibilité pour une fédération sportive d’avoir des exigences spécifiques quant aux contrôles et aux sanctions relatives à l’usage de l’alcool (qui fait partie de la classe des substances pouvant être interdites dans certains sports).
1. Les effets de l’alcool
Les effets de l’alcool sur l’organisme humain sont multiples et très variés, dépendant de la quantité ingérée, de la tolérance de l’individu, et de facteurs annexes liés au poids, à l’absorption conjointe ou non d’aliments, et à l’utilisation éventuelle d’autres substances toxiques (par exemple médicaments tranquillisants ou cannabis).Certains effets à distance, survenant en cas d’intoxication chronique et assez ancienne, concernent surtout les organes digestifs (foie, pancréas, estomac).
L’alcool favorise aussi, entre autres, l’hypertension artérielle, l’impuissance sexuelle, et l’apparition de cancers du larynx ou de l’œsophage. Mais ce qui nous intéresse principalement ici, ce sont les effets sur le système nerveux.
Ces effets sont d’autant plus dangereux qu’ils sont contradictoires, avec initialement une stimulation de l’individu, puis progressivement un effet sédatif, entraînant dépression et endormissement.
Ainsi, on connaît bien les trois phases successives de l’ivresse, variant selon le taux d’alcoolémie :
• D’abord une période d’euphorie et d’excitation.
• Puis l’apparition de troubles de la vigilance, de la perception et de l’équilibre.
• Enfin une somnolence ou une torpeur pouvant aller jusqu’au coma.
Les effets psychiques l’alcool agit sur le cerveau comme un euphorisant, apportant un sentiment de bien-être et de détente, l’individu parle facilement, perd sa timidité. Il peut alors surestimer ses capacités et les performances dont il est capable. Cet effet désinhibiteur favorise les contacts et les échanges avec les autres, mais peut aussi faciliter les manifestations de violence ou d’agressivité (passages à l’acte). Ou encore, l’effet antidépresseur passager, ressenti comme bénéfique, peut faire place à un état dépressif en cas d’intoxication chronique.
Les effets neurologiques
De même qu’il affecte le comportement et les émotions, l’alcool a une action dépressive sur le système nerveux central, ralentissant les fonctions cérébrales, et perturbant le contrôle de l’activité musculaire par les nerfs.
La faculté de prendre des décisions rapides et justes, ou d’accomplir des tâches obligeant à faire attention à plusieurs choses à la fois, se trouve grandement perturbée. Le rythme auquel le cerveau traite les informations se ralentit, la capacité de concentration diminue, et le suivi d’une conversation devient difficile. La coordination musculaire fait défaut et la maladresse apparaît (on laisse échapper des objets). La lenteur de réaction et les troubles de l’équilibre sont déjà les stigmates d’une imprégnation importante. Au total, l’alcool engendre une altération de la vigilance et de la précision des gestes.
Les effets visuels
L’influence nocive de l’alcool sur la vue est très significative et elle se manifeste à différents niveaux. La capacité d’évaluer les distances se trouve réduite, de même que la capacité de s’adapter aux variations brusques de luminosité (assombrissement ou éblouissement).
L’alcool affecte par ailleurs la capacité de repérer la présence d’objets à la périphérie du champ visuel.
Quelques vérités sur l’alcool.
Contrairement à certaines idées reçues, qui ont cours chez les défenseurs de l’alcool, il faut retenir les points importants suivants :
L’alcool n’est pas un « remontant », au contraire ses effets nocifs augmentent avec la fatigue.
L’alcool ne désaltère pas au contraire il favorise la déshydratation des cellules de l’organisme.
L’alcool ne réchauffe pas, mais il provoque seulement une dilatation des vaisseaux en surface de la peau.
L’alcool n’est pas un aliment, car les calories qu’il contient ne sont pas stockées par l’organisme. On peut devenir alcoolique très jeune (dès l’âge de 15 ans) et même si l’on ne s’en tient qu’à la bière.
2. L’alcool dans le milieu sportif
Dans les règles de bonnes pratiques sportives, préconisées dans la rubrique « sport et santé » du ministère de la Jeunesse et des sports, l’hygiène de vie générale tient une place importante, et les méfaits de la consommation d’alcool y sont bien soulignés.
Pourtant, le milieu sportif ne se distingue pas des autres et il ne constitue nullement un « sanctuaire » où l’on ne trouverait ni excès, ni violence. On ne peut en effet considérer que la pratique d’un sport constitue à elle seule un rempart contre les excès. La pratique sportive est censée renforcer les capacités de maîtrise, de volonté et d’adaptation, et il est bien évident que les effets de l’alcool vont à l’en-contre de ces louables ambitions. Il est connu que certaines équipes nationales (notamment dans le ski) sont les premières à oublier de temps en temps les consignes les plus élémentaires de sobriété.
Une enquête intéressante, sur les relations entre sport et alcool a été menée auprès d’environ 5000 jeunes dans des centres de sélections du service national et il en ressort que :
80 % d’entre eux pratiquent un sport collectif ou individuel, régulièrement ou occasionnellement
la bière est le premier produit alcoolisé consommé de manière régulière (par plus de 30 %), avec une consommation deux fois plus élevée que celle des autres boissons alcoolisées (vins, apéritifs).
Elle apparaît comme la boisson de choix pour la recherche de l’ivresse.
cette prise régulière de bière est deux fois plus fréquente chez les pratiquants d’un sport collectif que chez les adeptes d’un sport individuel.
dans les motivations principales, on retrouve des arguments comme : « Ça met de l’ambiance », « C’est une habitude comme une autre », « c’est pour faire comme les copains ». ...
Dans un sport comme le tir, surtout sur cibles mobiles comme il se pratique dans les diverses disciplines de ball-trap trois qualités primordiales sont requises :
Dans le domaine particulier du tir :
Dans un sport comme le tir, surtout sur cibles mobiles comme il se pratique dans les diverses disciplines de ball-trap trois qualités primordiales sont requises :
Bien voir - bien analyser - bien réagir.
Les impacts négatifs de la consommation d’alcool, avec les effets neuropsychiques et sensoriels que nous avons décrits précédemment,s’exercent précisément contre ces trois fonctions.
Sur le plan visuel :
l’alcool diminue l’acuité visuelle, la coordination des yeux, la qualité de la perception du relief et de la vision périphérique.
Sur le plan mental :
l’alcool altère les capacités de jugement, de mémoire, de concentration et d’adaptation à une situation.
Il peut donner au sportif une fausse image de lui-même, car la perte d’inhibition le laisse penser qu’il est meilleur que ce qu’il vaut réellement.
Sur le plan physique :
l’alcool provoque des maux de tête, des tremblements et une perte de dextérité, allonge le temps de réaction, perturbe te sommeil et altère les capacités de récupération musculaire.
3. Conclusion
L’alcool peut séduire par l’impression passagère d’un certain bien-être physique, par le fait qu’il peut favoriser les relations de convivialité au sein d’une équipe sportive, et par son pouvoir limité et transitoire de lever les inhibitions, au point de laisser croire qu’on sera plus endurant fait et les performances vont augmenter. Pour ces raisons, certains de ses défenseurs ont pu même prétendre que de faibles quantités d’alcool étaient supposées favoriser la performance sportive, en diminuant la tension et la peur, et en augmentant la confiance en soi et l’agressivité.
Mais il n’en est rien, et on ne peut imaginer substance plus opposée que l’alcool à la recherche de performances (en particulier dans le domaine du tir) avec son influence négative sur les actions liées à l’équilibre, à la coordination œil-main, et au temps de réaction.
Il faut bien comprendre que les effets nocifs de l’alcool existent même chez ceux qui n’atteignent jamais le stade de l’ivresse, qu’aucun remède ne permet de les combattre, et que l’impact négatif d’une consommation excessive peut être maximal le lendemain. La contre-performance du jour peut donc être due aux abus répétés de la veille ou des jours précédents l’épreuve sportive.
Lors de compétitions importantes, étalées sur plusieurs jours et génératrices d’une accumulation de fatigue (souvent majorée par un éventuel décalage horaire), un sportif de haut niveau pourra ainsi voir ses espoirs de titre ou de podium s’envoler au profit d’un concurrent parfois pas plus doué, mais qui aura su rester sobre jusqu’au résultat final.
Une fois l’épreuve terminée et les cérémonies officielles clôturées, l’arrosage d’une victoire ou d’une récompense reste une tradition bien sympathique que l’on ne saurait décrier si elle ne donne pas lieu à des excès susceptibles de déclencher des comportements (collectifs ou individuels) regrettables, voire inacceptables.